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Région Corse |
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La région |
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Drapeau de Corse
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Drapeau de la région
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- Corse
Corse 2A et 2B
La plus montagneuse des îles méditerranéennes, la Corse est la troisième par la superficie. Son insularité et ses héritages historique et culturel font de cette Région, scindée en deux départements, une terre singulière, en quête d'avenir. Longtemps répulsif, le littoral est devenu un objet de convoitises, de polémiques et de conflits.
- Géographie physique
La montagne est partout présente et culmine à 2 706 m au monte Cinto. De fortes pentes, favorables à une érosion intense, provoquent le cloisonnement du peuplement dans des vallées souvent verrouillées de gorges, sur lesquelles s'est articulé le premier découpage administratif en «pieves».
- Relief
Les contrecoups du plissement alpin ont basculé à l'ouest le socle granitique et l'ont rehaussé en une dorsale centrale (franchie au col de Vizzavona à 1 163 m), qui porte les principaux sommets corses et partage l'île en deux parties: à l'est, tournée vers l'Italie, s'individualise l'En-deçà des monts (Terra del comune); à l'ouest, l'Au-delà des monts (Terra dei signori), longtemps plus archaïque. Une dépression centrale, en fait un sillon morcelé en bassins (dont celui de Corte), sépare cette crête centrale des montagnes schisteuses du Nord-Est, qui s'étirent de l'échine du cap Corse à la Castagniccia. Ces reliefs sont flanqués à l'est de plaines alluviales récentes (Aleria), tandis qu'à l'extrême sud - à 200 km du cap Corse - le karst de Bonifacio juxtapose un fragment de plateaux calcaires.
- Le littoral
Plus de 1 000 km de côtes - près du cinquième du littoral métropolitain - présentent un étonnant contraste: une majorité de côtes rocheuses profondément découpées, du cap Corse à l'embouchure de la Solenzara (au sud de Ghisonaccia) en passant par la succession des grands golfes occidentaux et méridionaux, s'opposent à celle, rectiligne et basse, de la plaine orientale, avec ses lagunes (Biguglia, Diane, Urbino) et ses longues plages de sable.
- Climat et végétation
La Corse se distingue des autres îles méditerranéennes par son aspect verdoyant, lié à l'importance du manteau forestier; ce dernier couvre le quart de la surface insulaire, alors que les cultures n'en occupent que 2 %. La Région connaît un climat méditerranéen typique, avec une sécheresse estivale marquée et une amplitude thermique annuelle limitée sur le littoral et accentuée en montagne. En dépit de l'abondance des précipitations annuelles (plus de 800 mm pour la majeure partie de l'île), la forte déclivité des sols et la rareté des zones calcaires limitent les nappes souterraines. Toutefois les pluies, irrégulières, sont concentrées dans le temps: c'est finalement la rétention nivale qui ravitaille le mieux la végétation en eau. De magnifiques forêts de feuillus (chênes, hêtres, châtaigniers) et de résineux (pins laricio) - malheureusement mises à mal par les incendies - se dressent sur les hauteurs; un maquis dense et relativement élevé, à base d'arbousiers et de bruyères arborescentes, est l'autre caractéristique de cette végétation.
- Population
La Corse connaît un sensible développement de sa population au XIXe siècle: d'un peu plus de 160 000 h. en 1801, elle passe à 290 000 à la fin du siècle. On assiste ensuite à un effondrement démographique, longtemps masqué par le gonflement artificiel des recensements. L'attrait des carrières administratives sur le continent et outre-mer ainsi que l'inadaptation des systèmes agropastoraux insulaires à une économie de marché se conjuguent pour provoquer une forte émigration. Depuis 1962, le mouvement s'est toutefois inversé avec l'arrivée de rapatriés d'Afrique du Nord (un nombre de personnes avoisinant les 17 000), de travailleurs étrangers employés dans l'agriculture et le bâtiment (principalement italiens et maghrébins, ils forment avec leur famille 10 % de la population insulaire), de fonctionnaires et de techniciens venus du continent. Mais ce redressement démographique s'opère au profit des villes littorales, tandis que l'intérieur montagneux se désertifie.
- La croissance urbaine
La désertification intérieure s'est accompagnée d'une forte urbanisation, avec l'essor d'Ajaccio et de Bastia, dont les zones d'influence, avec chacune près de 70 000 h., rassemblent plus de la moitié de la population insulaire. La promotion à la fonction de capitale régionale a accentué le rôle administratif d'Ajaccio, dont la forte périurbanisation se poursuit sur le pourtour du golfe homonyme vers la vallée de la Gravone (un phénomène analogue affecte Bastia). Porto-Vecchio doit au tourisme d'être devenue la troisième ville insulaire. Le tourisme est aussi le moteur de la croissance de Calvi, de l'Île-Rousse (au nord-est de Calvi) et, au sud-ouest, de Propriano. Pour compenser la disparition de ses fonctions militaires, Corte peut miser sur son université, ouverte en 1981; Sartène - bourg administratif et agricole - et Bonifacio (qui a perdu sa garnison) sont en revanche sur le déclin.
- Économie
Les deux départements corses, a peine plus peuplés que la ville de Strasbourg, sont à bien des égards atypiques au sein de l'espace français; de création récente (1975), ils forment ensemble l'une des régions les moins développées d'Europe.
- Agriculture
Jusqu'à l'apparition du tourisme, l'agriculture, en dépit de ses archaïsmes, a été la seule activité productive de l'«île de Beauté». Localisée dans les zones de montagnes et de collines, elle était fondée sur un élevage extensif transhumant d'ovins, de caprins ou de porcs; s'y ajoutait une polyculture de subsistance, associée à l'exploitation de châtaigniers (Castagniccia, versants occidentaux de la crête centrale) et d'oliviers (Balagne, région de Bonifacio), ou de vignobles traditionnels de qualité (Ajaccio, Patrimonio, cap Corse).
- La Somivac (Société pour la mise en valeur de la Corse), créée en 1957, cherche à développer la plaine orientale par la maîtrise de l'eau. Son action, qui coïncide avec l'installation des rapatriés d'Afrique du Nord, aboutit à des résultats spectaculaires (3 000 ha sont bonifiés, 10 000 autres irrigués et 20 000 améliorés), même si la politique et les méthodes employées soulèvent des contestations. Avec le développement de l'irrigation et de la mécanisation, on assiste cependant à l'essor des cultures spéculatives: développement d'un vignoble de masse (qui a connu une crise profonde dans les années 1970), d'un verger surtout fondé sur les clémentiniers, et plus récemment sur l'actinidia (kiwis) et l'avocatier. Cependant, les cultures maraîchères restent limitées, et la rénovation de l'élevage de montagne est difficilement amorcée. En 1988, l'agriculture représentait 3,7 % de la valeur ajoutée brute régionale.
Malgré la longueur du littoral, la pêche est restée une activité secondaire. L'aquaculture (daurades et bars) est pour l'instant limitée aux étangs de la côte tyrrhénienne (Diane, Urbino).
- Industrie
Isolée, la Corse a été tenue à l'écart de la révolution industrielle. En outre, le sous-sol insulaire ne recèle aucune ressource énergétique, et les quelques gisements de minerais métalliques sont médiocres. L'essentiel de l'énergie consommée sur l'île provient de produits pétroliers, utilisés directement ou transformés. L'industrie ne représente aujourd'hui que 10,1 % de la valeur ajoutée brute insulaire: celle-ci, fait unique en France métropolitaine, est dominée par le secteur du bâtiment et des travaux publics. Les activités agroalimentaires conservent un caractère artisanal (95 % des entreprises ont moins de dix salariés) et urbain (surtout à Bastia).
- Tourisme
La beauté des paysages et la qualité du climat ont permis - assez tardivement - le développement d'un tourisme de masse. Le nombre de visiteurs annuel a pratiquement doublé de 1970 à 1982 pour atteindre le million; ce secteur est devenu la première source de revenus de l'île. Ce sont surtout des investisseurs privés du continent qui ont permis le développement des premières installations, le relais étant partiellement pris depuis 1966 par l'initiative locale. Mais, s'il est inducteur d'emplois et source de revenus, le tourisme, qui reste essentiellement estival, est surtout concentré sur le littoral (golfe d'Ajaccio, Balagne, région de Porto-Vecchio), malgré la beauté des sites intérieurs.
- L'identité régionale
Histoire
On sait, grâce aux découvertes archéologiques, que la Corse fut habitée dès le IIIe millénaire avant notre ère par un peuple pasteur, organisé en clans, d'origine ibère ou celto-ligure, qui a laissé de nombreux monuments mégalithiques (vallée du Taravo, Torre, Filitosa, Palaggiu ...). Terre d'abordage pour les anciens navigateurs de la Méditerranée, l'île, connue dans l'Antiquité sous le nom de Cyrnos (ou Kyrnos), fut fréquentée par les Phéniciens, puis par les Grecs phocéens qui y fondèrent Alalia (aujourd'hui Aleria), vers 564 av. J.-C. Disputée ensuite entre les Grecs de Sicile, les Étrusques et les Carthaginois, elle fut finalement arrachée à l'influence carthaginoise par les Romains qui en firent la conquête, après une longue résistance, (260-163 av. J.-C), mais qui n'y laissèrent pas de traces profondes. Christianisée dès le IIIe siècle, l'île subit les incursions des Vandales et des Ostrogoths, puis fut soumise à la domination byzantine (VIe-IXe s.), et aux raids des Sarrasins (IXe-XIe s.).
Conquise par les Carolingiens, et gardée par eux malgré une donation au Saint-Siège, elle passa, à la fin du XIe siècle, sous la souveraineté du pape, qui la remit à l'archevêque de Pise. Mais Pise dut l'abandonner à sa rivale, Gênes, à la suite de la bataille de la Meloria (1284). En 484 années d'occupation, les Génois - qui abandonnèrent un temps la gestion de l'île à une société privée, la Banque de Saint-Georges, une puissante société commerciale de la République - ne parvinrent jamais à établir complètement leur domination sur l'île. Ils se heurtèrent à la résistance, appuyée notamment par l'Aragon et la France, de quelques patriotes ardents, tels Sampiero Corso, au XVIe siècle. En 1533, l'île fut occupée par les troupes françaises et la flotte turque. Une assemblée demanda la réunion à la France; l'administration et la justice furent réorganisées, mais le traité de Cateau-Cambrésis (1559), contraignit la France à évacuer le pays, le laissant de nouveau pour deux siècles à la dure domination génoise, contre laquelle, à partir de 1729, la Corse fut en état de révolte presque permanente. Des interventions françaises, suivies d'occupations temporaires ou d'éphémères indépendances (telle celle, qui entre 1755 et 1768, fut liée à l'action de Pascal Paoli, qui rédigea une constitution régissant la partie de l'île qu'il avait pu reprendre à Gênes), préparèrent la cession par Gênes à la France (traité de Versailles, 15 mai 1768).
Le pays fut soumis en un an, et les derniers partisans de l'indépendance, conduits par Pascal Paoli, furent vaincus à Pontenuovo en 1769. La même année, naissait à Ajaccio Napoléon Bonaparte. En 1796, celui-ci, alors général de la République, réprima la tentative de sécession de Paoli, qui avait livré la Corse aux Anglais en 1793. À part une nouvelle et brève occupation de l'île par les Anglais pendant quelques mois en 1814, et par les forces de l'Axe (novembre 1942 - 5 octobre 1943), la Corse est depuis lors restée française. Depuis 1973, des mouvements autonomistes ont multiplié les manifestations, souvent violentes, pour imposer une modification du statut de l'île. Pour tenir compte de ces revendications, le parlement issu des élections de 1981 a modifié le statut de la Corse (loi du 2 mars 1982) en dotant l'île d'une assemblée régionale élue au suffrage universel et disposant de pouvoirs plus étendus que ceux des autres Régions.
Le raccordement à la France
Cette île, plus proche de la péninsule italienne (84 km) que de la France (160 km) et voisine de la Sardaigne (14 km), passe, en quelques générations, de l'italianité à la francité, alors que l'aventure coloniale offre un débouché à une forte émigration. L'insularité favorise toutefois le maintien d'une identité culturelle qui s'exprime notamment par l'usage d'une langue dérivée du génois et du toscan; essentiellement parlé et chanté, peu écrit, le corse se différencie en dialectes correspondant au cloisonnement physique de l'île. Depuis la fin de l'Empire, la Corse, berceau de Napoléon, cherche de nouvelles voies. Sur l'aspiration au développement économique - qui reste largement tributaire des transferts métropolitains - sont venues se greffer des revendications nationalistes. Depuis 1975, l'île est entrée dans une période de troubles, que le statut particulier de 1982 et la loi Joxe de 1991 n'ont pas apaisés.
L'apprentissage de l'autonomie
Dès 1957, un programme d'action régional prône le développement du tourisme et le renouveau agricole. Ces objectifs sont repris par le schéma d'aménagement de 1972, tandis que la Région est détachée de la Provence et de la Côte d'Azur. Les effets restent limités, même si le parc naturel régional de la Corse - qu'arpente le GR 20 -, créé en 1970, suscite davantage de mesures favorables à la protection de la nature qu'il n'intervient dans la rénovation rurale. L'attribution à la Région d'un statut particulier en 1982, complété par la loi Joxe de 1991, ne paraît résoudre aucun des problèmes majeurs dans une île où l'État reste le principal employeur.
Les passions corses se déchaînent sur le thème du tourisme littoral; la conception et la mise en place de zones d'activités raccordées aux noeuds de communication que sont les principales villes restent plutôt timorées. Il est par ailleurs évident que le climat de tension permanente qui règne dans l'île depuis 1975 - les attentats perpétrés par le FLNC (Front de libération nationale de la Corse) ont continué après la dissolution, en 1983, de l'organisation indépendantiste - contribue à faire fuir les investisseurs. Ceux-ci attendent cependant avec intérêt l'instauration d'une zone franche, promise par le gouvernement en 1996.
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| La fabuleuse et monumentale collection "Inventaire du patrimoine culinaire de la France". Cette collection compte un tome par région soit 26 ouvrages de référence . C’est une réalisation du Conseil National des Arts Culinaires, présidé par Alain Senderens (l'Archestrate, Lucas Carton) et mandaté par les Ministères de la Culture et de l'Agriculture. Ces ouvrages sont très récents. Ils sont le fruit d'années d'enquêtes (encore en cours dans certaines régions) pour collecter les traditions et les savoir-faire des terroirs. Ils sont la mémoire totalement indispensable à la préservation et au témoignage du passé vivant. Ils recensent les produits traditionnels de chaque région (boissons, spiritueux, boulangerie, pâtisserie, confiserie, charcuterie, fruits, légumes, produits des eaux, produits laitiers, viandes etc. ...) et les recettes. Ne sont retenus que ceux qui s'inscrivent dans une tradition, un savoir-faire ancien et toujours vivant et une spécificité territoriale forte. Ils font l'objet d'une étude contextuelle, de recherches des origines, des facteurs naturels et sociaux etc. ... Rares, ces ouvrages connaissent de petits tirages et sont régulièrement maintenus à jour. Ils sont approvisionnés à la demande auprès de l'éditeur. Fantastique. Format 14 x 22, reliés. Commandez-les à partir du site http://terroirs.denfrance.free.fr. |
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